1986 Lancia Delta

S4

Zusammenfassung

  • Baujahr 
    1986
  • Automobiltyp 
    Coupé
  • Chassisnummer 
    227
  • Losnummer 
    8
  • Rennwagen 
    Ja
  • Zustand 
    Gebraucht
  • Markenfarbe außen 
    Martini Livery
  • Anzahl der Türen 
    2
  • Zahl der Sitze 
    2
  • Standort
  • Außenfarbe 
    Sonstige

Beschreibung

Véhicule de compétition
Vendu sans titre de circulation
Châssis n° 227

• Rare Groupe B d'usine authentique
• A couru dans la livrée Lancia Martini avec M. Biasion en 1986
• Historique suivi, depuis 1988 entre les mains du propriétaire actuel
• Ex Bruno Saby, un des meilleurs pilotes de rallye des années 1980
• Ex Miki Biasion, Ex Bruno Saby, Voiture d’usine

Au début du Groupe B, Lancia s'engage au Championnat du Monde des Rallyes avec la 037, voiture légère et efficace. Mais sa transmission traditionnelle aux seules roues arrière avoue ses limites face à la concurrence et notamment aux Audi Quattro et Peugeot 205 T16 qui, avec leur transmission intégrale, font des merveilles.
Pour que Lancia retrouve sa place au sommet des classements, Cesare Fiorio et Claudio Lombardi décident de partir d'une feuille blanche et vont donner naissance à la Delta S4. Souhaitant rester au-dessous de 900 kg, ils limitent la cylindrée à 1 759 cm3 pour respecter le rapport imposé par le règlement. Ils mettent au point un nouveau moteur 16 soupapes entièrement en aluminium, dont ils souhaitent extraire au moins l'équivalent des 450 ch de celui de la Peugeot. Pour compenser les défauts du turbocompresseur (faible puissance à bas régime, temps de réponse), Lombardi a l'idée d'associer pour la première fois un turbo et un compresseur à commande mécanique, le Volumex : le résultat est un moteur à la fois souple et puissant. L'indispensable transmission intégrale comporte un coupleur Ferguson qui permet une répartition qui peut varier de 40/60 avant/arrière à 100% en faveur de l'arrière. Placée longitudinalement et en évitant tout porte-à-faux, cette mécanique trouve place dans un châssis tubulaire renforcé de panneaux de Kevlar et de carbone, le tout étant habillé d'une carrosserie en fibre de verre évoquant la forme de la Delta de série.

Prévue pour entrer dans la ronde des rallyes au milieu de la saison 1985, la Lancia Delta S4 fait finalement sa première apparition officielle en novembre, au rallye du RAC. Prouvant d'emblée ses qualités, elle remporte les deux premières places entre les mains de Henri Toivonen et Markku Alen. L'année suivante, le titre se joue au coude-à-coude avec Peugeot et, à la fin de la saison, Lancia est en tête mais l'annulation par la FIA du résultat du Rallye de San Remo proclame la victoire de Peugeot. Entretemps est survenu le dramatique accident de Henri Toivonen au Tour de Corse et l'annonce de l'arrêt du Groupe B. Il est légitime de penser que l'expérience acquise avec la S4 a profondément aidé l'équipe Lancia à bâtir l’aventure de la Delta HF Integrale qui, de 1987 à 1992, va dominer la scène des rallyes.

La voiture de la vente

La Lancia Delta S4 d'usine que nous présentons est sortie du département Compétition Abarth en 1986 en configuration Groupe B. En livrée Lancia Martini, immatriculée TO 52127 F, elle a magnifiquement démarré sa carrière en décembre 1986 avec une deuxième place au "Memorial Bettega" où elle était engagée comme voiture officielle entre les mains de Miki Biasion. Elle portait le numéro de course 2. La voiture gagnante était celle de Markku Alen qui était le châssis 228 immatriculée TO 52126 F.
Avec la disparition du Groupe B, les voitures ont connu un arrêt soudain et les constructeurs et pilotes se sont tournés vers d'autres disciplines pouvant accueillir ces machines. C'est ainsi qu'on a revu cette voiture en 1987 aux 24 Heures de Chamonix où se sont relayés au volant Miki Biasion et Bruno Saby.
Il existait une autre spécialité où les Groupe B étaient acceptées : le Rallycross. Se déroulant sur circuit fermé, il pouvait assurer une sécurité que ne permettait pas le rallye. C'est cette direction qu'a pris cette Delta S4, grâce à Bruno Saby.

Revenons un peu en arrière : en 1985 et 1986, le célèbre pilote grenoblois court pour Peugeot et, quand le Groupe B s'arrête, le constructeur de Sochaux lui propose de participer au Paris-Dakar avec les 205 Turbo 16. "J'ai refusé la proposition car je ne me sentais pas prêt pour le rallye-raid," nous a indiqué Bruno Saby. "Et surtout, je rêvais de remporter le Rallye de Monte-Carlo." Il s'y engage en 1987 avec Lancia Martini qui fait courir les Delta HF 4x4 Groupe A, mais doit abandonner sur panne de transmission alors qu'il est aux avant-postes. La chance lui sourit en 1988 où il réalise enfin son rêve et remporte en janvier le célèbre rallye.
"Après le Groupe B, le programme des constructeurs était réduit et en 1988 j'ai donc eu l'idée de participer au Championnat de France de Rallycross et de créer ma propre équipe, Grenoble Sport Auto. Lancia m'a aidé, de même que le Groupe Hommell qui était à l'origine du Rallycross en France. Et avec l'accord de Cesare Fiorio, nous avons pu récupérer une Lancia Groupe B officielle." C'est la n°227. Selon Olivier Quesnel, qui dirige alors le Groupe Hommell, "elle était destinée à un patron de Fiat, mais il accepté qu'elle nous soit vendue car il considérait que les voitures devaient être utilisées."

Préparée chez Grenoble Sport Auto pour cette nouvelle discipline avec le soutien officiel de Lancia, elle se présente aux couleurs de Métal 5 et va connaître une saison extrêmement disputée, comme le rappelle Olivier Quesnel : "Nous avons eu une saison d'enfer contre Peugeot. Lors de la dernière épreuve, nos deux équipes étaient à cinq victoires chacune. " Bruno Saby poursuit : "Tout au long de la saison je me suis battu contre Guy Fréquelin, ami et rival de longue date, qui avait une 205 T16. La dernière course avait lieu à Trappes et nous étions à égalité de victoires, cinq partout, donc cette dernière épreuve était déterminante. Vous savez qu'en Rallycross, partir en tête est primordial car il est impossible ensuite de doubler. Et là, la 205 avait un moteur Pikes Peak extrêmement puissant et Guy est arrivé devant moi au premier virage. Nous avons fait toute la course capot contre coffre et il a passé la ligne d'arrivée un demi-capot devant moi. C'est une saison dont on se souviendra !"

Après cette année mémorable, la voiture, acquise par Michel Hommell, a pris directement la direction du Musée de Lohéac en Bretagne. "Nous étions en train de constituer la collection de Groupe B," confirme Olivier Quesnel. "La voiture a été remise dans sa livrée Lancia Martini d'origine et elle a immédiatement intégré le musée."

Elle est donc aujourd'hui dans un état d'origine exceptionnel, avec un historique qui l'est tout autant. Née voiture d'usine, habillé de la mythique livrée Martini, elle a ensuite évolué entre les mains d'un des meilleurs pilotes de rallye de son époque, avec l'assistance de Turin. De là, elle est passée directement en exposition où elle a gardé toute son intégrité. C'est sans doute une des Delta S4 s'usine les plus authentiques parmi les survivantes de ces machines exceptionnelles.

PETIT ENCADRE

"Un de ses atouts était son moteur"

La Lancia Delta S4 a fait partie des plus brillantes des voitures du Groupe B. Pour Bruno Saby, "C'était une voiture très équilibrée pour toute la saison. Un de ses atouts était son moteur. Grâce à l'association du turbo et du compresseur Volumex, on avait de la puissance sur toute la plage de régime. Les voitures du Groupe B étaient exceptionnelles et j'ai eu énormément de chance de bien les connaître. C'est toujours une grande émotion de les retrouver à Lohéac et de reprendre le volant de ma S4 pour quelques tours de circuits."
Markku Alen, fidèle pilote Lancia, connaît bien la S4 : "Avec la 037, la propulsion était toujours un handicap. Il n'était pas vraiment possible de gagner sur la neige ou sur la terre. Nous sommes arrivés très tard avec la S4, mais je m'y suis habitué très rapidement."
Quant à Roberto Vittone, ancien ingénieur Lancia, "la S4 était fantastique, mais nous n'en avons profité qu'une année. Elle a commencé à 430 ch et en approchait 500 à San Remo, mais nous n'avons pas eu le temps de la faire évoluer. Nous aurions pu aller encore plus loin, peut-être gagner encore 30%."
(Propos tirés d'interviews à Classic & Sports Car).

• Rare authentic works Group B car
• Competed in Lancia Martini racing colours with Biasion in 1986
• Well-documented history, in current ownership since 1988
• Ex-Bruno Saby, one of the top rally drivers in the 1980s
• Ex-Miki Biasion, ex-Bruno Saby, works car

At the start of Group B, Lancia entered the World Rally Championship with its light and capable 037. But its traditional rear-wheel drive layout had its limitations when compared with competitors such as the Audi Quattro and Peugeot 205 T16, whose four-wheel drive worked wonders.
In order for Lancia to regain its place at the top of the rankings, Cesare Fiorio and Claudio Lombardi decided to start from a blank sheet of paper and created the Delta S4. They wanted to keep its weight under 900 kg and therefore limited the engine capacity to 1759 cc, to comply with the restrictions imposed in the regulations. They developed a new all-aluminium 16-valve engine, which they wanted to match or beat the 450 bhp developed by the Peugeot. To offset the drawbacks of the turbo (lack of power at low revs and delayed response), Lombardi had the original idea of combining a turbo and a mechanical supercharger, the Volumex, resulting in an engine that was both powerful and flexible. Four-wheel drive was essential, and the Ferguson viscous coupling allowed the torque split to be varied from 40/60 front/rear to 100% to the rear. The engine was mounted lengthwise ahead of the rear axle in a tubular chassis strengthened with Kevlar and carbon panels, covered with a fibreglass body styled on the lines of the production Delta.

Planned to enter the rally championship in the middle of the 1985 season, the Lancia Delta S4 finally made its first official appearance in November, on the RAC Rally. It immediately proved its qualities, finishing first and second in the hands of Henri Toivonen and Markku Alen. The following year, the title was a close fight with Peugeot and at the end of the season Lancia was ahead, but the FIA annulled the results of the San Remo Rally, handing victory to Peugeot. Meanwhile, Henri Toivonen was involved in a tragic accident on the Tour de Corse, heralding the end of Group B. It would be reasonable to assume that the experience Lancia gained with the S4 helped it greatly in developing the Delta HF Integrale, which would dominate the world of rallying from 1987 to 1992.

The car for sale

The works Lancia Delta S4 presented here left Abarth’s competition department in 1986 in Group B configuration. In the Lancia Martini colours and registered TO 52127 F, its career got off to a flying start in December 1986, when it finished second in the ‘Memorial Bettega’, as an official entry driven by Miki Biasion with the racing number 2. Markku Alen was at the wheel of the winning car: chassis number 228, registered TO 52126 F.
With the cancellation of Group B, the cars came to an abrupt standstill, and the manufacturers and drivers turned to other branches of motorsport for which the cars were eligible. This car could thus be seen again in 1987 during the 24 Heures de Chamonix ice race, when Biasion and Saby took turns behind the wheel. The Group B cars were also accepted in another discipline, that of rallycross. These events took place on closed tracks, ensuring a greater degree of safety than rallying. This was the direction taken by this Delta S4, thanks to Saby.

But let’s go back a bit: in 1985 and 1986, Saby was driving for Peugeot and when Group B came to an end, Peugeot invited him to take part in the Paris-Dakar with the 205 Turbo 16. “I turned down their offer as I didn’t feel ready for that kind of long-distance rally”, Saby told us. “And, above all, my dream was to win the Monte-Carlo Rally.” He entered the ‘Monte’ in 1987 with Lancia Martini, which was fielding the Group A Delta HF 4x4s, but had to retire due to transmission failure when he was among the leaders. He was in luck in January 1988, when he finally fulfilled his dream and won the famous rally.
“After Group B, the manufacturers scaled back their programmes, and in 1988 I therefore had the idea of taking part in the French Rallycross Championship and setting up my own team, Grenoble Sport Auto. Lancia helped me, as did the Hommell Group, which was the instigator of rallycross in France. And with Cesare Fiorio’s agreement, we were able to pick up an official Group B Lancia.” It was number 227. According to Olivier Quesnel, who was running the Hommell Group at the time, “it was intended to go to one of Fiat’s directors, but he agreed to sell it to us, as he believed cars were meant to be used.”

Prepared by Grenoble Sport Auto for this new discipline with official support from Lancia, it sported the colours of ‘Métal 5’ and embarked on a fiercely contested season, as Quesnel recalls: “We had one hell of a fight with Peugeot that year. Going into the final round, our teams had five wins each.” Saby continues the story: “Throughout the season, I had been battling against Guy Fréquelin, an old friend and rival, who had a 205 T16. The last round was held at Trappes and we had five wins each, so this last race would be decisive. In rallycross, starting in the lead is essential, as afterwards it’s impossible to overtake. Well, the 205 had an extremely powerful Pikes Peak engine and Guy went into the first corner ahead of me. We were bumper to bumper throughout the race and he crossed the finish line half a bonnet’s length in front of me. That was a season we’ll always remember!”

After this memorable year, the car was bought by Michel Hommell and headed for the museum. “We were in the process of establishing the Group B collection”, Quesnel confirms. “The car was restored to its original Lancia Martini livery and immediately took its place in the museum.”

Today, it is in exceptional original condition, with an equally remarkable history. A works car from the start, in the legendary Martini colours, it was driven by one of the top rally drivers of its time, with support from Turin. Immediately after this, it became part of an exhibition, where its integrity has been preserved. Of all these exceptional cars, it is undoubtedly one of the most authentic works Delta S4s to survive.

PETIT ENCADRE [SMALL SIDEBAR]

“One of its strengths was its engine”

The Lancia Delta S4 was one of the most outstanding cars in Group B. For Bruno Saby, “It was a very well-balanced car for the whole season. One of its strengths was its engine. Thanks to the combination of the turbo and the Volumex supercharger, we had power across the rev range. The Group B cars were exceptional, and I was enormously lucky to have known them. It’s always an emotional moment when I see them at Lohéac and get behind the wheel of my S4 for a few laps of the track.”
Markku Alen, a loyal Lancia driver, knows the S4 well: “The 037’s rear-wheel drive was always a handicap. You couldn’t really win on snow or gravel. We arrived very late with the S4, but I quickly got used to it.”
Roberto Vittone, a former Lancia engineer, adds: “The S4 was fantastic, but we only had it for a year. It started out with 430 bhp and was close to 500 bhp at San Remo, but we didn’t have enough time to develop it. We could have gone further and maybe got another 30% from it.”
(Comments taken from interviews in Classic & Sports Car)

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