O - ROLEX World Time

  • Uhrwerk 
    Automatic
  • Baujahr 
    1945
  • Losnummer 
    318
  • Standort

Beschreibung

O - ROLEX World Time, ref. 4262, n° 579559, vers 1945 Rare et exceptionnelle montre de poche en or rose 18K (750) avec heures universelles. Boîtier à double rebord. Cadran patiné avec index et chiffres romains pour le XII et VI, aiguilles en or, disque tournant gradué sur 24h avec l'indication des différents fuseaux horaires des grandes capitales du monde. Mouvement à remontage manuel au pendant, ajusté 6 positions, échappement à ancre protégé, calibre spécial "Rolex Patent Cap", 18 rubis, balancier mono-métallique, spiral et réglage micrométrique, la platine signée "Rolex Chronometer".Cadran, boîtier et mouvement signés. Diam. 45,5 mm. Poids brut 52,53 g

Rare and fine 18k rose gold wold time pocket watch. Manual winding movement with special caliber "Rolex Patent Cap"

Les heures universelles par Louis Cottier

Cette montre de poche avec affichage des heures universelles fait partie des très rares pièces réalisées par la maison Rolex à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Elle se distingue avant tout par son fameux système breveté des Heures Universelles, invention du grand horloger Louis Cottier (1894 - 1966).
Louis Cottier naît à Carouge d'un père lui-même horloger, Emmanuel Cottier. Le jeune Louis entreprend sa formation à Genève et acquiert rapidement une réputation d'horloger talentueux et cela à raison puisqu'il est à l'origine en 1931 de ce procédé à la fois révolutionnaire et en adéquation avec les nouveaux besoins de l'entre-deux-guerres. En effet, le monde, désormais bien défini, est marqué par le développement des télécommunications.
C'est dans ce contexte que Louis Cottier réussit aisément à faire valoir son invention auprès des grandes firmes horlogères genevoises telles que Patek Philippe (ref. 605, 1415, 2523, etc.), Vacheron Constantin (ref. 3372) ou encore Rolex (ref. 4262). La première montre à Heures Universelles est ainsi produite en 1931 par Cottier pour le bijoutier Baszanger.

Le mécanisme créé par l'horloger et que l'on retrouve sur notre modèle est des plus ingénieux puisqu'il permet la lecture de tous les fuseaux horaires d'un seul regard. Autour d'un cadran central doté des aiguilles des heures et des minutes indiquant l'heure locale choisie, un disque 24 heures tourne automatiquement d'un cran à chaque heure dans le sens contraire. C'est là tout l'ingéniosité de Louis Cottier : permettre aux porteurs de ces montres de connaître l'heure locale mais également l'heure de Genève ou Londres. Les cadrans comprenant les Heures Universelles nous disent ainsi beaucoup de l'époque et notamment de l'importance de certaines villes. Les Heures Universelles permettent également de dresser le portrait des clients commanditaires de ces montres qui affichent ainsi les lieux qui leur tiennent à cœur, où ils y ont leurs habitudes.

Le mécanisme de Louis Cottier a sans conteste marqué l'histoire de l'horlogerie et entre même dans la grande Histoire. En effet, c'est à l'issue de la Seconde Guerre mondiale que des résidents genevois offrent aux dirigeants des forces alliées, Staline, Churchill, de Gaulle et Truman, en guise de remerciement pour les avoir libéré du joug nazi, quatre montres Agassiz World Time.

A l'image de cette grande maison horlogère, Rolex fait appel à Louis Cottier au début des années 40 afin de produire une petite série de montres de poche World Time, référence 4262 dont est issu notre exemplaire. Cette montre témoigne ainsi d'un jallon important de l'histoire de la manufacture Rolex et de l'horlorgerie grâce à ce système d'Heures Universelles. En 1967, la Ville de Genève rend à nouveau hommage à Louis Cottier en intégrant à la collection permanente de son Musée de l'Horlogerie et de l'Emaillerie, l'ensemble de son atelier, de ses outils et de ses archives confiés par sa famille.

"Avec de telles montres, qui jouent sur l'affichage à partir d'un mécanisme connu et maîtrisé, on sort de l'horlogerie pour entrer dans une autre dimension et c'est cela qui est passionnant."

Dominique Fléchon, historien de la Fondation pour la Haute Horlogerie