1913 Renault

Type DP Coupé Chauffeur 22/24HP par Renaudin et Besson

Zusammenfassung

  • Baujahr 
    1913
  • Automobiltyp 
    Sonstige
  • Chassisnummer 
    37217
  • Losnummer 
    130
  • Lenkung 
    Links
  • Zustand 
    Gebraucht
  • Innenfarbe 
    Sonstige
  • Standort
  • Außenfarbe 
    Sonstige
  • Kraftstoff 
    Sonstige

Beschreibung

French title

- Owned by the same family from new
- Extraordinarily well preserved condition, never restored
- Always maintained in working order

The condition of this outstanding car is as extraordinary as its history. A very rare event for a car of this age, it is still in totally original condition. Slightly faded paintwork covers bodywork panels that remain untouched, providing evidence of an era when cars were completely hand-built. The interior is even more moving: the driver's compartment comprises two deep seats in padded black leather, showing no tears, while the rear compartment offers the level of sophistication expected of such a highly luxurious motor car. The high-backed rear bench seat in brown leather sports an armrest. The sides and roof are lined with damask and braids that bear little sign of ageing, and there are two small ceiling lights illuminating the interior. Remarkably well preserved, the car displays a patina that no restoration could match. A small leather-covered console includes a pocket watch, a notebook with pencil, flasks for ink, a mirror and clothes brush, next to a communication system allowing the passengers to talk to the driver.

The incredible condition of this motor car becomes more understandable once its history is known: it was in fact bought by the great-grandfather of the current owner, in the department of Aude. It has remained in the family ever since, even during the war, when a requisition attempt by the German army failed because the tyres were flat...The vendor's memories, passed down from generation to generation (and included in the file), recall some striking episodes in the car's history, including the original purchase. This was not straightforward as Renault only supplied the bare chassis :
" For the wooden coachwork, my great-grandfather went to Renaudin et Besson in Paris. (...) The upholstery and interior decoration were chosen in consultation with my great-grandmother, in particular the damask wall coverings. For the driver's compartment, Kirby Beard & Co. was appointed (kilometric odometer and clock) : this company was trusted since it supplied accessories for Rolls-Royce. The area that caused the most deliberation was the lighting : should it have an electric installation which, something my great-grandfather was convinced of, would increase the risk of fire because of the inevitable short-circuiting ? Eventually a sensible solution was found : it would feature electric lighting for the interior passenger compartment only, to aid map reading ! Consequently, the car had three different types of lighting : gas for the front headlights (compressed in a Magondeaux bottle on the running board), electricity for the interior passenger compartment and oil for the red lamp at the back... "

The current owner has never wanted to carry out any kind of restoration, in order to protect the original character of this Renault. An impressive size, and equipped with a 5-litre engine, this was one of the flagship models for Renault, before the First World War. This car is a unique testimony to luxury automobile design of its day, a mere twenty years after the smoking and backfiring machines first appeared on the roads...To take to the wheel of this car is to take a real journey back in time.

SOUVENIRS AUTOUR D'UNE ALERTE CENTENAIRE

Mon arrière-grand-père prit la décision d'acheter une RENAULT modèle " coupé chauffeur " afin de pouvoir parcourir de longues distances avec un confort assuré. (…) Les ateliers LOUIS RENAULT lui fournirent le châssis roulant et il se mit en rapport avec nombre de fournisseurs pour obtenir un véhicule complet. Pour la carrosserie, en bois et de structure encore influencée par celle des calèches, il s'adressa à la maison RENAUDIN et BESSON, 42 rue Campo Formio à Paris. La sellerie (banquettes capitonnées en cuir) et la décoration intérieure furent choisies en concertation avec mon arrière -grand-mère, en particulier les tentures intérieures damassées, de couleur verte. En ce qui concerne le poste du chauffeur, la maison KIRBY BEARD fut retenue (compteur kilométrique et pendule) : on pouvait lui faire confiance puisqu'elle fournissait, entre autres, des accessoires pour les ROLLS ROYCE.
Le choix qui a suscité le plus d'hésitations et de controverses fut celui du mode d'éclairage : fallait-il accepter une installation électrique qui, mon arrière -grand-père en était persuadé, augmenterait considérablement les risques d'incendie à cause d'inévitables court-cuits ? Finalement, une solution prudente fut retenue : il n'y aurait d'électricité, à partir d'accumulateurs sous le plancher, que pour les passagers intérieurs, afin de leur faciliter la lecture des cartes routières ! Dès lors, cette voiture disposa de trois modes d'éclairage différents : le gaz pour les phares avant (compressé dans une bouteille MAGONDEAUX placée sur le marchepied), l'électricité pour l'habitacle intérieur et le pétrole pour la lanterne rouge arrière…
Lorsque la première guerre mondiale éclata (Août 1914), mon père, alors âgé de 16 ans, se trouvait en séjour en Angleterre pour apprendre la langue. La Grande-Bretagne ayant déclaré la guerre quelques jours avant la France, il y eut une brève période d'incertitude au regard des ressortissants français : ma famille reçut un télégramme des services de l'ambassade de France annonçant le rapatriement d'office de mon père à Calais. En urgence, mon arrière-grand-père et mon grand-père décidèrent de partir le chercher avec Félicien, le chauffeur, à bord de cette voiture, non sans avoir pris la précaution d'embarquer un train supplémentaire de pneus de secours. A marche forcée, et bien qu'on ne circulât pratiquement pas de nuit, ils ne mirent que deux jours pour relier le Languedoc à Calais. Il est vrai qu'en juillet-août les journées sont longues…
A ce sujet, je me souviens d'une précision que m'avait donnée Félicien (que j'ai bien connu dans mon enfance) : lorsque, en été, pour fuir la chaleur languedocienne, mes arrière-grands-parents partaient en villégiature dans des villes d'eaux, ils expédiaient préalablement les phares par le train dans des caisses bourrées de paille que Félicien allait récupérer en gare de Vichy ou de Vittel. Cette sage précaution permettait de garder intacts ces accessoires, en leur évitant d'être brisés en cours de route par les projections de cailloux. Les pneus eux aussi faisaient l'objet d'expéditions ferroviaires complémentaires car les crevaisons étaient très fréquentes, en particulier à cause des clous de fer à cheval parsemés le long des routes.
Lorsque mes parents se marièrent en 1927, il fut décidé d'utiliser cette voiture pour conduire ma mère à l'église : on avait estimé que sa robe en ressortirait peu froissée. Le soir, mes parents partirent en voyage de noces dans ce même attelage avec le fidèle chauffeur qu'ils laissèrent à Cannes, d'où ils s'embarquèrent pour l'Italie. Mais ma mère se souvenait que, circulant sur la Croisette, ce type de voiture commençait à paraître démodé.
Quelque temps plus tard, (…) mon père préféra remiser la vaillante Renault dans le coin de son garage, en attente d'une éventuelle nécessité qui la ramènerait sur les routes. Les années passant, il fut décidé de la mettre sur cales car les pneus donnaient des signes de faiblesse. Cette initiative sauva la voiture et la fit parvenir jusqu'à aujourd'hui...
En effet, à la fin de la deuxième guerre mondiale, lors de la débâcle allemande de 1945, la Renault fut réquisitionnée. Un bon de réquisition de la " kommandatur " fut collé sur le pare-brise, mais la voiture entra en résistance : une fois posée au sol, ses pneus s'affaissèrent complétement ; dans leur précipitation, les soldats allemands préférèrent ne pas insister. Avec le recul du temps, je regrette de ne pas avoir conservé cette affichette rouge signée par les autorités d'occupation, quand elle fut enlevée au moment où mon père décida, dans les années 1960, de remettre en marche ce véhicule devenu une véritable curiosité. (…)
Depuis, suivant l'exemple de mon père, je me suis attaché à accompagner cette grande dame à franchir le cap de son centenaire, guidé par l'intransigeant devoir de ne jamais procéder à une quelconque rénovation, ni attenter à son exceptionnel caractère originel.

MEMORIES OF A SPIRITED CENTENARIAN

My great-grandfather decided to buy a RENAULT " coupé chauffeur " model, in order to be assured comfort over long distances. (…) The LOUIS RENAULT workshop provided him with the running chassis and he then made contact with various suppliers to complete the car.
For the body, to be constructed in wood and with a structure still influenced by the design of carriages, he went to RENAUDIN et BESSON, 42 rue Campo Formio in Paris. The upholstery (leather padded bench seats) and the interior decoration were chosen in consultation with my great-grandmother, particularly the damask wall coverings, in green. For the driver's compartment, Kirby Beard & Co. was appointed (kilometric odometer and clock) : this company was trusted since it supplied accessories for ROLLS-ROYCE.
The area that caused the most deliberation and controversy was the lighting : should it have an electric installation which, something my great-grandfather was convinced of, would considerably increase the risk of fire because of the inevitable short-circuiting ? Eventually a sensible solution was reached : it would feature electric lighting, supplied by batteries positioned under the floor, for the interior passenger compartment only, to make map reading easier ! Consequently, the car had three different types of lighting : gas for the front headlights (compressed in a MAGONDEAUX bottle on the running board), electricity for the interior passenger compartment and oil for the red lamp at the back... "
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